Le Certibiocide vise aussi les agents publics.
Beaucoup d’élus pensent que le Certibiocide ne concerne que les entreprises de dératisation. Erreur. Le texte vise tout utilisateur professionnel, autrement dit toute personne qui n’est pas un particulier. Un agent municipal qui pose des appâts réservés aux professionnels doit donc détenir son Certibiocide Nuisibles, exactement comme un technicien du privé. Le certificat reste individuel, jamais attribué à la commune.
- L’utilisateur, qui pose les appâts ou applique l’insecticide, doit être certifié lui-même.
- L’acquéreur, qui choisit le produit et décide de l’achat, doit l’être aussi.
- Le distributeur, qui revend ces produits, entre dans la même obligation.
- L’agent qui se contente de passer la commande, sans choisir le produit, n’en a pas besoin.
Pas de décideur pour les nuisibles.
Petite subtilité qui piège beaucoup de services. Pour les désinfectants, un agent qui suit le protocole d’un décideur certifié peut travailler sans certificat. Pour les raticides et les insecticides, cette tolérance n’existe pas. Celui qui tient le poste d’appâtage entre ses mains doit être certifié, point. Un chef d’équipe titulaire ne couvre pas ses agents, même avec vingt ans de métier.
Le certificat suit l’agent, pas la commune.
Le Certibiocide est délivré à une personne physique, il vaut cinq ans, et l’agent le garde s’il change de collectivité. Revers de la médaille, un départ à la retraite ou une mutation peut laisser un service sans aucun titulaire du jour au lendemain. D’expérience, deux agents certifiés par service exposé, c’est le minimum pour dormir tranquille.
Plusieurs agents à former ?
Certif Agri forme vos équipes au Certibiocide Nuisibles en intra, dans vos locaux ou en visio, aux dates de votre service.
Service par service, qui faut-il former ?
Bon, passons à la pratique. Chaque service ne manipule pas les mêmes produits, et l’obligation dépend de ce que l’agent fait vraiment sur le terrain, pas de son grade ni de l’intitulé de son poste. Le tableau qui suit reprend les situations qu’on rencontre le plus souvent en formation, du réseau d’assainissement jusqu’au bureau des achats.
| Situation | Certibiocide Nuisibles exigé ? |
|---|---|
| Égoutier qui pose des raticides professionnels dans le réseau | Oui |
| Agent technique qui traite les rongeurs dans les bâtiments communaux | Oui, s’il utilise des produits réservés aux professionnels |
| Gardien de bailleur social qui pose des appâts | Oui, dans les mêmes conditions |
| Agent qui choisit les raticides du service | Oui, comme acquéreur |
| Agent qui passe seulement la commande | Non |
| Commune qui confie la dératisation à un prestataire | Non, c’est le prestataire qui doit être certifié |
| Pompier dans ses missions de secours | Exempté, après une formation aux risques chimiques |
Assainissement et égouts en première ligne.
La notice officielle du ministère cite les égoutiers en toutes lettres, avec une réponse sans ambiguïté. Oui, ils ont besoin du certificat dès qu’ils utilisent des raticides professionnels. Et franchement, c’est logique. Un réseau d’assainissement, ce sont des kilomètres de galeries humides, une odeur de vase tenace, et des appâts posés loin de tout regard pendant des semaines.
Bailleurs sociaux et gardiens d’immeuble.
Depuis la loi ELAN de 2018, un logement loué doit être exempt de toute infestation de nuisibles. Les bailleurs sociaux qui traitent en régie, avec leurs propres gardiens, doivent donc certifier chaque agent qui pose des appâts professionnels. Ceux qui passent par une entreprise spécialisée lui transfèrent cette obligation. Pour le détail des cas, notre article sur le Certibiocide obligatoire fait le tour des situations.
Régie ou prestataire, que choisir ?
Première chose à savoir, le donneur d’ordre n’a pas besoin du certificat. Une commune qui confie toute sa dératisation à une entreprise spécialisée n’a donc aucun agent à former. Mais elle doit choisir un prestataire sérieux, parce qu’en cas de problème dans un parc public ou une école, c’est vers la mairie que les familles se tournent.
Quand la régie devient intéressante.
Une intervention ponctuelle coûte cher, surtout quand les signalements s’enchaînent à l’automne, au moment où les rongeurs cherchent la chaleur des bâtiments. Pour une commune qui traite une dizaine de sites toute l’année, former deux ou trois agents revient souvent moins cher qu’un contrat annuel. Disons que le calcul mérite d’être posé, chiffres en main, avec votre service financier.
Bien choisir son prestataire.
Si vous externalisez, demandez des garanties précises avant de signer. Un prestataire qui refuse de donner les numéros de certificat de ses techniciens, ça devrait vous mettre la puce à l’oreille. Voici ce que je demanderais à votre place, et ce que toute entreprise de dératisation sérieuse fournit sans discuter.
- Les numéros de Certibiocide des techniciens qui interviendront sur vos sites.
- Le plan des postes d’appâtage et un rapport écrit après chaque passage.
- Les fiches de données de sécurité des produits utilisés.
- Une attestation d’assurance de responsabilité civile professionnelle.
Guêpes et frelons, ce que change le plan de 2025.
La loi du 14 mars 2025 a créé un plan national de lutte contre le frelon asiatique, décliné dans chaque département par le préfet, en concertation avec les communes. Le signalement d’un nid peut passer par le maire. Résultat, les services techniques reçoivent les appels, et la question de qui intervient se pose très vite, souvent un vendredi soir de juillet.
| Mesure | Ce qu’elle change pour la commune |
|---|---|
| Plan départemental arrêté par le préfet | Les communes sont associées à son élaboration |
| Signalement des nids par l’intermédiaire du maire | La mairie centralise souvent les appels |
| Guichet national de 3 millions d’euros par an | Ouvert aux collectivités pour les nids, le piégeage et les formations |
| Destruction par un désinsectiseur ou un professionnel référencé | Il faut un agent formé ou un prestataire |
| Produits recommandés par le plan national | Pyrèthres naturels sans PBO, perméthrine à proscrire |
Les insecticides contre les guêpes sont des TP18.
Les produits utilisés contre les guêpes et les frelons, deltaméthrine, bendiocarbe, pyréthrinoïdes, sont classés comme insecticides TP18. Dès qu’ils sont réservés aux professionnels, l’agent qui les applique entre dans le champ du Certibiocide Nuisibles. Attention aux sites qui affirment que la loi de 2025 a rendu le certificat obligatoire pour les frelons. Elle n’en dit pas un mot, l’obligation existait déjà avant.
Et les pompiers dans tout ça ?
Les pompiers bénéficient d’une exemption lorsqu’ils interviennent dans leurs missions de secours, après une formation aux risques chimiques. Mais la destruction d’un nid sans danger immédiat ne fait pas partie de leurs missions obligatoires, et elle peut être facturée ou renvoyée vers le privé. Mieux vaut ne pas compter dessus. Pour vos agents, notre formation frelon asiatique dure une à deux journées.
Les règles d’usage à connaître sur le terrain.
Un parc public, ça veut dire des enfants, des chiens promenés en laisse, les chats du quartier… Les rodenticides y sont donc encadrés de près par leur autorisation de mise sur le marché. Chaque produit a ses propres conditions, inscrites sur l’étiquette, mais on retrouve presque toujours les mêmes exigences. Voici celles qu’un contrôleur regardera en premier.
- Les appâts se posent dans des postes sécurisés et étiquetés.
- Les postes se placent hors de portée des enfants et des animaux non ciblés.
- Les postes se contrôlent régulièrement, et les cadavres sont retirés à chaque passage.
- Un traitement ne dure pas plus de 35 jours sans nouvelle évaluation de l’infestation.
- L’appâtage permanent reste interdit pour de nombreux produits.
Le zéro phyto ne vise pas les biocides.
Question qui revient à chaque session avec les agents d’espaces verts. Depuis 2017, la loi Labbé interdit aux personnes publiques les produits phytopharmaceutiques sur les espaces ouverts au public. Mais les rodenticides et les insecticides biocides relèvent d’une autre réglementation, européenne cette fois, et restent utilisables par des agents certifiés. Phytosanitaire et biocide, ce sont deux mondes bien distincts.
Rodenticides et animaux domestiques.
Un chien qui avale un appât anticoagulant, c’est une urgence vétérinaire et, souvent, une plainte en mairie le lendemain matin. D’où l’importance des postes fermés et d’un placement réfléchi, le long des murs, à l’abri des passages. Notre guide du biocide TP14 détaille les substances et leurs précautions d’emploi.
Former vos agents sans exploser le budget.
Allez, la question qui fâche. Former un agent au Certibiocide Nuisibles, c’est trois jours, soit 21 heures, et une absence à organiser dans le service. Pour une collectivité, plusieurs leviers existent, et ils se combinent souvent. Le plus efficace reste la session en intra, dès que trois agents ou plus sont concernés.
| Levier | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Plan de formation de la collectivité | Le levier principal, puisque la formation répond à un besoin du service |
| Cotisation au CNFPT | 0,9% de la masse salariale, sans offre Certibiocide identifiée à ce jour |
| CPF de l’agent | 25 heures par an jusqu’à 150 heures, avec l’accord de l’employeur |
| Session intra | Vos agents seuls, dans vos locaux ou en visio, aux dates du service |
| Code de la certification | RS6442, enregistré au répertoire spécifique |
Le CPF des agents, une aide d’appoint.
Les agents territoriaux disposent eux aussi d’un compte personnel de formation, alimenté de 25 heures par an, et davantage pour les agents de catégorie C sans diplôme. Mais son usage suppose un projet porté par l’agent et l’accord de la collectivité. Pour une formation demandée par le service, le plan de formation reste la voie normale.
Planifier avant la saison.
Les rongeurs entrent dans les bâtiments dès octobre, les nids de guêpes apparaissent au printemps. Former vos agents entre novembre et mars, c’est arriver prêt au bon moment, avec un budget déjà voté. Pour comparer les dispositifs, notre article pour financer son Certibiocide passe en revue les différentes prises en charge.
Nos formations sur ce sujet
- Formation Certibiocide NuisiblesTrois jours, 590€, le certificat sans lequel on ne traite pas
- Formation désinsectiseurGuêpes, blattes, puces, les techniques d’intervention
- Formation frelon asiatiqueUne à deux journées, au centre des plans de lutte de 2025
Questions fréquentes.
Un agent municipal doit-il avoir le Certibiocide pour poser des raticides ?
Oui, dès qu’il utilise des rodenticides réservés aux professionnels. Le texte vise tout utilisateur professionnel, qu’il travaille pour une entreprise ou pour une collectivité. Le certificat est individuel, valable cinq ans, et s’obtient après trois jours de formation et un test de connaissances.
La commune doit-elle être certifiée si elle fait appel à un prestataire ?
Non. Le donneur d’ordre n’a pas besoin du Certibiocide. C’est l’entreprise qui intervient qui doit employer des techniciens certifiés. La commune a tout intérêt à demander leurs numéros de certificat et un rapport écrit après chaque passage.
Un chef d’équipe certifié suffit-il pour tout le service ?
Non, pas pour les nuisibles. La notion de décideur, qui couvre des agents suivant un protocole, ne vaut que pour les désinfectants. Pour les raticides et les insecticides, chaque agent qui applique les produits doit détenir son propre certificat.
La loi sur le frelon asiatique impose-t-elle le Certibiocide ?
Non, la loi du 14 mars 2025 n’en parle pas. Elle crée un plan national et des plans départementaux de lutte. L’obligation de certification découle de la réglementation biocide, qui s’appliquait déjà aux insecticides professionnels utilisés contre les nids.
Le zéro phyto interdit-il les raticides aux communes ?
Non. La loi Labbé interdit aux personnes publiques les produits phytopharmaceutiques sur les espaces ouverts au public. Les rodenticides biocides relèvent d’une autre réglementation et restent utilisables par des agents certifiés, dans le respect de leurs conditions d’emploi. Bonne nouvelle, vos équipes peuvent donc rester autonomes !
